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Finance

IFRS 16 : les cinq pièges de la première application

Le passage des contrats de location au bilan reste l'un des chantiers les plus sous-estimés. Retour sur les erreurs que nous voyons le plus souvent en formation.

Direction pédagogique CLIXA··8 min de lecture

IFRS 16 a supprimé la distinction entre location simple et location financement côté preneur. Sur le papier, la règle est simple : presque tous les contrats de location remontent au bilan. Dans les faits, la première application révèle des problèmes qui n'ont rien de comptable.

1. Personne ne sait où sont les contrats

Le premier obstacle est documentaire. Les baux immobiliers sont chez le juridique, les locations de véhicules aux moyens généraux, les contrats d'équipement dans les filiales. Constituer l'inventaire exhaustif prend systématiquement plus de temps que le traitement comptable lui-même.

2. La durée retenue est traitée trop vite

La durée du contrat inclut les options de renouvellement raisonnablement certaines d'être exercées. « Raisonnablement certain » est un jugement, pas une donnée. Deux entités du même groupe aboutissent souvent à des durées différentes pour des baux comparables, ce qui rend la consolidation incohérente.

3. Le taux d'actualisation est choisi par défaut

À défaut de taux implicite, on retient le taux d'emprunt marginal. Beaucoup d'équipes appliquent un taux unique groupe, alors que le taux dépend de la devise, de la durée et du profil de l'entité. L'écart sur la dette de loyers peut être significatif.

4. Les impacts sur les ratios sont découverts trop tard

  • L'endettement augmente mécaniquement, ce qui peut heurter des covenants bancaires.
  • L'EBITDA s'améliore, la charge passant en amortissement et en intérêts.
  • Les ratios de rentabilité des actifs se dégradent.

Ces effets doivent être annoncés aux banques et au conseil avant la clôture, pas expliqués après coup.

5. Le dispositif n'est pas pérennisé

La première application est un projet ; le suivi est un processus. Sans procédure de remontée des nouveaux contrats et des avenants, le fichier de suivi diverge de la réalité en deux exercices.